Rapport hebdomadaire 48/2025

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La classe moyenne américaine souffre

Selon l’université du Michigan, l’indice de confiance des consommateurs pour novembre est tombé à 51.0 (contre 53.6 en octobre). Depuis la grande crise financière de 2008/2009, les opinions des gens concernant leur situation financière personnelle n’avaient jamais été aussi négatives. Récemment, les données recueillies lors de sondages et d’études menées par des entreprises privées ont gagné en importance, car les autorités de l’Etat fédéral, autrefois connues pour leurs données économiques « de référence », ont perdu en fiabilité, en pertinence et en crédibilité. Désormais, certaines statistiques (comme le nombre d’emplois créés) sont « créées » par les partisans du président Donald Trump.

En revanche, le nombre de chômeurs peut être compté, et leur nombre a augmenté à 4.4 %, en particulier sur un segment important de l’électorat de Donald Trump (les Latinos). Vendredi dernier a apporté des mauvaises nouvelles supplémentaires pour l’économie américaine en perte de vitesse, ainsi que pour le président. « L’âge d’or » dont celui-ci prédit l’émergence n’a manifestement pas encore gagné les masses. Quant aux Américains, ils envisagent plutôt l’avenir avec pessimisme. Compte tenu du taux d’inflation de 3 % et d’un taux de chômage en hausse, le troisième élément du trio problématique, la confiance des consommateurs américains, a également atteint l’un de ses niveaux les plus bas depuis le début des enregistrements.

Par ailleurs, il est particulièrement irritant que 25 % des chômeurs américains soient titulaires d’un diplôme d’une haute école, pour lequel ils ont travaillé pendant quatre ans environ. Cette situation s’inscrit dans le cadre de la chute du nombre de nouvelles embauches dans les emplois de services (« white-collar hiring »). Plus de 1.9 million d’Américains titulaires d’un diplôme de Bachelor et âgés de plus de 25 ans sont au chômage, ce qui renforce la peur d’être remplacés par des solutions basées sur l’intelligence artificielle. Toutefois, même chez les 20-24 ans, le taux de chômage atteint, avec 9.2 %, un niveau encore jamais observé hors récession.

En ce qui concerne les marchés boursiers américains, l’euphorie semble s’atténuer : rien que la semaine dernière, les principaux indices ont enregistré des pertes sensibles (-1.9 % à -2.7 %). C’est pourquoi, depuis le début de l’année, le Dow Jones était encore en hausse en monnaie locale (+8.7 % en USD), mais clairement en baisse en francs suisses (-3.2 %). L’indice large S&P500 est resté inchangé (+0.0 % en CHF). Depuis le début de l’année, seul l’indice technologique américain du Nasdaq a clôturé dernièrement en légère hausse (+2.7 % en CHF). Cinq semaines avant Noël, l’indice mondial des actions affiche tout juste +2.6 %.

Cette semaine, le plan de paix très controversé de Donald Trump pour l’Ukraine devrait constituer un thème central. La semaine dernière, les spéculateurs ont pris peur et se sont massivement séparés des actions européennes du secteur de l’armement, telles que Rheinmetall (-12 %), Hensoldt (-14 %) et Renk Group (-22 %). En revanche, le groupe pharmaceutique et de diagnostique suisse Roche (+10 %) a réalisé la troisième meilleure performance hebdomadaire de l’indice Stoxx Europe 600.

Sujet de la semaine : Roche a été sous-estimée

Il y a plusieurs années que Roche est sous le feu des critiques, et pourtant son portefeuille de principes actifs a manifestement été sous-estimé. Par exemple, le Giredestrant, qui inaugure une nouvelle classe de principes actifs, a atteint son principal objectif dans l’étude clinique de phase III un an plus tôt que prévu. Selon Roche, le cancer du sein ER-positif représente près de 70 % de tous les cas de cancer du sein, mais en dépit des progrès réalisés dans son traitement, il reste particulièrement difficile à traiter à cause de sa complexité biologique.
Pourtant, ce médicament innovant contre le cancer du sein est convainquant sur le plan statistique : un nombre significativement plus élevé de patientes sont restées sans tumeur plus longtemps après une opération que celles qui avaient reçu l’un des traitements standard actuels. « Ces résultats confirment le potentiel de ce nouveau traitement endocrinien pour devenir le traitement de choix chez les patientes à un stade précoce de la maladie », a déclaré le directeur médical de Roche.
L’innovation peut apporter des avantages conséquents. Le 23 octobre 2025 déjà, Roche avait laissé entendre qu’elle procéderait à une révision à la hausse de ses prévisions de bénéfices pour l’ensemble de l’année. Au cours des neuf premiers mois, les ventes du groupe ont augmenté de 7 % à taux de change constant, en raison de la forte demande de médicaments et de diagnostics innovants. Cette croissance a été soutenue en particulier par les médicaments destinés au traitement de maladies graves telles que le cancer du sein, les allergies alimentaires, les maladies oculaires graves, l’hémophilie A et la sclérose en plaques. La demande en solutions pour la pathologie et le diagnostic moléculaire a également connu une augmentation.
Le PDG de Roche, Thomas Schinecker, a déclaré : « Cette dynamique positive se reflète également dans notre pipeline : nous avons transféré dix traitements potentiellement pionniers destinés à soigner des maladies pour lesquelles il existe un besoin médical non satisfait important, vers la dernière phase de leur développement clinique – un nouveau record pour nous – et obtenu de nombreux résultats positifs aux études menées. D’ici 2030, nous attendons les résultats d’études de phase III pour jusqu’à 19 nouveaux médicaments ». Et en tant qu’ancien responsable du département Diagnostique, M. Schinecker a ajouté non sans plaisir : « Notre technologie révolutionnaire de séquençage de nouvelle génération, qui sera commercialisée l’année prochaine, a établi un nouveau record : elle parvient à décoder un génome humain complet en moins de quatre heures ».
Avec un cours d’action à 315 francs, Roche affiche une capitalisation boursière de 256 milliards de francs, ce qui en fait le numéro 1 en Suisse, suivi de Novartis (217 milliards de francs) et Nestlé (208 milliards de francs). Le cours de l’action Roche a progressé de 24 % depuis le début de l’année et reste modérément évalué, avec un ratio cours/bénéfice estimé à 16.

Les rendez-vous importants de la semaine à venir

24 novembre 2025 Allemagne : indice ifo du climat des affaires et prévisions (11/25)
25 novembre 2025 États-Unis : Confiance des consommateurs Conference Board (11/25)
26 novembre 2025 États-Unis : Inflation PCE et inflation sous-jacente, BIP Deflator (10/25)
28 novembre 2025 Zone euro : Climat des affaires et confiance des consommateurs (11/25)

Événements

Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – janvier 2026

Le prochain Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz aura lieu le mercredi 14 janvier 2026 au Theater Casino de Zoug et le mardi 20 janvier 2026 au KKL de Lucerne. Il sera consacré à la thématique : « L’art du risque calculé ».

Le programme sera mené par le fondateur et CEO Timo Dainese. Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef, et Cyrill von Burg, CIO, expliqueront les perspectives pour l’économie et les marchés des capitaux à l’occasion d’une table ronde.

Nous aurons le plaisir d’accueillir comme orateur invité M. Nicolas Hojac, qui fait partie des plus grands alpinistes suisses de notre époque. Qu’il s’agisse de la face nord de l’Eiger, des sommets du Népal ou des montagnes les plus reculées du monde, il nous fera voyager avec lui dans ses expéditions passionnantes et nous donnera un aperçu du monde du risque calculé.

Vers l’inscription
(Événement en suisse allemand)


Ateliers de l’économie de Zugerberg Finanz à l’intention des jeunes – mars 2026

Enthousiasmer et motiver les jeunes ! Samedi 7 mars 2026 et samedi 14 mars 2026, nous organisons deux ateliers d’une journée pour les jeunes, sous les titres « Fascination économie » et « Fasciation bourses et marchés financiers ».

Vers l’inscription
(Ateliers en suisse allemand)

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2024
SMI 12'632.7 +8.9%
SPI 17'342.4 +12.1%
DAX € 23'091.9 +16.0%
Euro Stoxx 50 € 5'515.1 +12.6%
S&P 500 $ 6'603.0 +12.3%
Dow Jones $ 46'245.4 +8.7%
Nasdaq Composite $ 22'273.1 +15.3%
MSCI EM $ 1'334.0 +24.0%
MSCI World $ 4'242.7 +14.4%
Marchés obligataires depuis 31/12/2024
SBI Dom Gov TR 227.1 +1.6%
SBI Dom Non-Gov TR 122.2 +1.2%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2024
SXI RE Funds 586.0 +7.8%
SXI RE Shares 4'347.8 +18.6%
Matières premières depuis 31/12/2024
Pétrole ($/Bbl.) 58.1 –19.0%
Or (CHF/kg) 105'640.0 +38.0%
Bitcoin (USD) 85'123.4 –9.2%
Cours de change depuis 31/12/2024
EUR/CHF 0.9308 –1.0%
USD/CHF 0.8083 –10.9%
EUR/USD 1.1513 +11.2%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF -0.04% 0.2%–0.5% 0.2%–0.5%
EUR 2.05% 1.9%–2.1% 1.7%–1.9%
USD 3.88% 4.0%–4.4% 3.4%–3.8%
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF 0.16% 0.6%–0.9% 0.5%–0.7%
EUR 2.70% 2.8%–3.0% 2.5%–2.8%
USD 4.06% 4.3%–4.6% 3.8%–4.2%
Renchérissement
2024 2025P 2026P
Suisse 0.7% 0.5% 0.5%
Zone euro 2.2% 1.8% 1.8%
Etats-Unis 2.8% 2.5% 2.3%
Economie (PIB real)
2024 2025P 2026P
Suisse 1.8% 1.8% 1.8%
Zone euro 1.5% 1.6% 1.7%
Etats-Unis 2.6% 1.8% 2.0%
Global 3.0% 3.0% 3.0%
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