Rapport hebdomadaire 18/2026
Zoom sur les résultats des entreprises
La semaine dernière, l’attention du marché s’est déplacée du détroit d’Ormuz vers les résultats des entreprises. Les marchés affichent leur confiance quant à un prochain règlement du conflit sur le pétrole et le gaz. Le mois d’avril est une période de haute saison pour la publication des résultats du premier trimestre 2026, qui permet également de se projeter sur le reste de l’année.
Les actions américaines ont atteint un nouveau record historique, car la plupart des grandes entreprises technologiques ont enregistré une forte croissance de leurs bénéfices. L’indice technologique du Nasdaq a connu une nette progression depuis le début du mois (+15 %) – entraînant dans son sillage les indices de Taïwan (+23 %) et de la Corée du Sud (+28 %), qui incluent principalement des titres technologiques tels que TSMC, Samsung et SK Hynix. En ce qui concerne la Corée du Sud, la banque centrale a en outre pu nommer à sa tête un brillant économiste et ancien professeur de Princeton, qui a travaillé ces douze dernières années à Bâle, à la Banque des règlements internationaux.
De plus, de nombreuses entreprises technologiques sont en mesure d’améliorer leurs marges grâce à des programmes de réduction des coûts et consolident leurs efforts par des réductions parfois agressives des frais de personnel. La transition vers le Cloud a également donné de la vigueur aux actions de SAP, la plus grande entreprise européenne de logiciels. SAP sera l’une des premières entreprises à profiter de l’IA, a prédit le directeur financier, notamment parce que l’entreprise mise résolument sur la programmation basée sur l’IA. Malgré un contexte rendu difficile par la guerre au Proche-Orient, le chiffre d’affaires des produits Cloud a connu une croissance foudroyante au premier trimestre (+27 %).
Quant à Amazon, elle a impressionné ses actionnaires en investissant à nouveau plusieurs milliards dans Anthropic, leader du développement en IA, et en rachetant l’opérateur de satellites Globalstar. Cela permet de téléphoner par satellite, même lorsque l’on se trouve dans une zone sans réseau. Toutefois, Amazon nourrit encore davantage d’ambitions et souhaite mettre en place un réseau Internet à haut débit dans le monde entier, avec différentes catégories de vitesse pour les particuliers, les compagnies aériennes, les camping-cars et les navires, ainsi que pour les clients gouvernementaux (par exemple, les ministères de la défense).
Apple se trouve quant à elle dans une impasse, car depuis 2016, l’entreprise fait fabriquer toutes ses puces par le fabricant taïwanais TSMC. Or, la capacité de production lucrative de ce dernier est déjà absorbée par la fabrication des puces d’IA surpuissantes de Nvidia, ce qui occasionne du retard dans la mise en œuvre de la stratégie d’IA d’Apple.
En Europe, le moral des investisseurs est nettement moins à l’euphorie. Dans l’industrie, le climat des affaires est même mauvais. En Allemagne, l’indice correspondant a chuté à un niveau aussi bas que celui enregistré lors de la pandémie de coronavirus au printemps 2020.
Nestlé a toutefois bravé les risques liés à la reprise économique avec son rapport trimestriel, et le café pour vedette incontestée. Le chiffre d’affaires trimestriel a affiché une croissance organique (+9.3 %), et la croissance organique à l’échelle du groupe (+3.5 %) s’est également révélée convaincante. Au vu du renforcement des incertitudes géopolitiques et des risques macroéconomiques, le fait que Nestlé ait confirmé ses prévisions pour 2026 a surpris.
Le Swiss Market Index (SMI) a clôturé la semaine dernière à 13’169 points. C’est plus qu’au début du mois (+3.1 %), mais toujours légèrement en dessous du début de l’année (-0.7 %). En avril, ABB (+23 %) est jusqu’à présent en tête du classement du SMI et Novartis (-6 %) en queue de peloton.
Sujet de la semaine : Des décisions sur les taux d'intérêt sous le signe de l'inflation

Parmi les réunions des grandes banques centrales prévues cette semaine, c’est celle de la Banque centrale européenne qui occupe le centre de l’attention et revêt la plus grande importance, surtout dans l’éventualité où l’institution devait commettre une erreur de politique monétaire.
Certes, l’audition de Kevin Warsh, futur président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a déjà agité les marchés obligataires la semaine dernière, mais entretemps, ce sont les réunions de politique monétaire de cinq grandes banques centrales qui devraient capter tous les regards– en particulier celle de la Banque centrale européenne (BCE).
Ces cinq réunions – celles de la Fed, de la BCE, de la Banque d’Angleterre, de la Banque du Japon et de la Banque du Canada – permettront de se faire une bonne idée de la manière dont les décideurs perçoivent les répercussions inflationnistes du conflit au Proche-Orient et sur leurs futures réactions. La réunion de la BCE recèle toutefois le risque le plus important. Contrairement à ses institutions partenaires d’autres pays, elle est poursuivie par ses erreurs monétaires commises dans le passé et devra prendre la semaine prochaine une décision pour laquelle le risque d’une erreur de politique monétaire – une hausse des taux trop précoce ou trop tardive – pourrait avoir un impact bien au-delà du marché européen.
Les marchés mondiaux des taux d’intérêt pourraient se réévaluer, les obligations des pays émergents libellées en monnaies locales pourraient se retrouver sous pression, et la décision de la BCE pourrait compliquer encore la conduite de la politique monétaire de la Fed et d’autres banques centrales.
La BCE joue un rôle en quelque sorte unique dans la mesure où son mandat prioritaire consiste à assurer la stabilité des prix – une orientation stricte qui l’a amenée, dès les premiers signes d’un risque d’inflation, à relever ses taux directeurs à titre préventif. Elle avait fait cette erreur en 2008, alors que l’économie mondiale était en pleine dégringolade, ainsi qu’en 2011, en plein cœur de la crise qui avait frappé la dette souveraine dans la zone euro. Plus récemment, la BCE a commis l’erreur contraire : en 2022, face à la hausse de l’inflation provoquée par l’invasion russe en Ukraine, elle a attendu étonnamment longtemps avant de relever ses taux d’intérêt, ce qui l’a contrainte à réagir d’autant plus vivement par la suite et a ainsi déstabilisé la croissance économique européenne. Nous verrons si l’institution a tiré les leçons du passé ou si elle commettra à nouveau les mêmes erreurs.
Les rendez-vous importants de la semaine à venir
| 28 avril 2026 | États-Unis : Confiance des consommateurs Conference Board, avril |
| 29 avril 2026 | États-Unis : Décision sur les taux directeurs de la Fed, avril |
| 30 avril 2026 | Zone euro : Banque centrale européenne, décision sur les taux directeurs, avril |
| 1er mai 2026 | États-Unis : Indice PMI des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière, avril |
Événements
Séance d’information pour particuliers en suisse-allemand – Placer son argent est aussi une question de confiance
Le jeudi 30 avril 2026 aura lieu chez nous au Lüssihof une séance d’information destinée aux particuliers. Cette séance s’adresse principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation.
Vers l’inscription
(Événement en suisse allemand)
KidsDay de Zugerberg Finanz – mai 2026
Mercredi, 27 mai 2026 aura lieu à Baar, le prochain Zugerberg Finanz KidsDay, en collaboration avec MORE Sports. Les enfants âgés de 6 à 12 ans peuvent s’inscrire à cet après-midi de football récréatif.
Le lieu de la rencontre est le complexe sportif Lättich à Baar. Les matchs se dérouleront entre 13h00 et 17h00.
Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – juin 2026
Le prochain Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz aura lieu le mardi 16 juin 2026 au Theater Casino de Zoug et le jeudi 18 juin 2026 au KKL de Lucerne.
Le programme sera mené par le fondateur et CEO Timo Dainese. Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef, et Cyrill von Burg, CIO, expliqueront les perspectives pour l’économie et les marchés des capitaux à l’occasion d’une table ronde. Nous avons le plaisir d’accueillir comme conférencier invité M. Helmut Stalder, docteur en lettres, historien réputé, journaliste et auteur de nombreux ouvrages historiques et biographies.
Vers l’inscription
(Événement en suisse allemand)
Données du marché
| Marchés d'actions | depuis 31/12/2025 | ||
|---|---|---|---|
| SMI | 13'169.7 | –0.7% | |
| SPI | 18'597.5 | +2.1% | |
| DAX € | 24'129.0 | –1.5% | |
| Euro Stoxx 50 € | 5'883.5 | +1.6% | |
| S&P 500 $ | 7'165.1 | +4.7% | |
| Dow Jones $ | 49'230.7 | +2.4% | |
| Nasdaq Composite $ | 24'836.6 | +6.9% | |
| MSCI EM $ | 1'610.0 | +14.6% | |
| MSCI World $ | 4'632.8 | +4.6% | |
| Marchés obligataires | depuis 31/12/2025 | ||
|---|---|---|---|
| SBI Dom Gov TR | 219.7 | –1.5% | |
| SBI Dom Non-Gov TR | 121.7 | +0.1% | |
| Marchés immobiliers | depuis 31/12/2025 | ||
|---|---|---|---|
| SXI RE Funds | 610.7 | +1.6% | |
| SXI RE Shares | 5'047.9 | +11.7% | |
| Matières premières | depuis 31/12/2025 | ||
|---|---|---|---|
| Pétrole ($/Bbl.) | 94.4 | +64.4% | |
| Or (CHF/kg) | 118'857.2 | +7.8% | |
| Bitcoin (USD) | 77'803.2 | –11.1% | |
| Cours de change | depuis 31/12/2025 | ||
|---|---|---|---|
| EUR/CHF | 0.9200 | –1.2% | |
| USD/CHF | 0.7850 | –1.1% | |
| EUR/USD | 1.1722 | –0.1% | |
| Taux d'intérêt à court terme | |||
|---|---|---|---|
| 3M | Prév. 3M | Prév. 12M | |
| CHF | -0.04% | -0.1%–0.0% | -0.1%–0.0% |
| EUR | 2.16% | 1.9%–2.1% | 1.7%–1.9% |
| USD | 3.67% | 3.4%–3.6% | 3.0%–3.3% |
| Taux d'intérêt à long terme | |||
|---|---|---|---|
| 10 ans | Prév. 3M | Prév. 12M | |
| CHF | 0.44% | 0.2%–0.5% | 0.4%–0.7% |
| EUR | 2.99% | 2.8%–3.0% | 2.5%–2.8% |
| USD | 4.30% | 4.1%–4.4% | 3.7%–4.0% |
| Renchérissement | |||
|---|---|---|---|
| 2025 | 2026P | 2027P | |
| Suisse | 0.1% | 0.3% | 0.5% |
| Zone euro | 2.2% | 1.8% | 1.8% |
| Etats-Unis | 3.0% | 2.5% | 2.0% |
| Economie (PIB real) | |||
|---|---|---|---|
| 2025 | 2026P | 2027P | |
| Suisse | 1.2% | 1.3% | 1.5% |
| Zone euro | 1.4% | 1.4% | 1.7% |
| Etats-Unis | 2.3% | 2.2% | 2.0% |
| Global | 3.0% | 3.0% | 3.0% |