La semaine dernière, le mouvement de rotation vers les valeurs défensives s’est poursuivi, ce qui a engendré une hausse des cours des actions européennes, alors qu’ils ont plutôt reculé aux États-Unis. En Europe, les indices des directeurs d’achat ont surpris par leurs valeurs positives, ce qui est de bon augure pour les placements à risque réels tels que les actions, les infrastructures et l’immobilier. Aux États-Unis, on assiste à un renforcement des inquiétudes concernant la future rentabilité des investissements considérables réalisés par les groupes technologiques. Même Alphabet, la holding de Google, affiche désormais un cashflow disponible négatif pour la première fois depuis son introduction en bourse en 2004, en raison de ses investissements massifs dans les centres de données. Mais à part cela, on a également pu observer quelques évolutions surprenantes. Sur le plan politique, l’accord de paix conclu entre les États-Unis et l’Iran est passé au second plan, jusqu’à ce que, ce week-end, les États-Unis mettent provisoirement fin à une série d’attaques menée pendant 13 jours contre l’Iran. Cependant, comme la milice houthiste du Yémen, alliée à l’Iran, a pris pour cible une autre voie d’acheminement du pétrole au sud de la mer Rouge, les cours du pétrole brut ont à nouveau augmenté pour atteindre 100 dollars le baril (+27 % en deux semaines). Le Koweït a réagi à la fermeture de facto du détroit d’Ormuz par un investissement de 16 milliards de dollars dans un réseau de 13 oléoducs d’exportation, exploité en copropriété (49 %) par les géants américano-canadiens du capital-investissement Blackstone, Brookfield et KKR. Leur objectif est d’acheminer le pétrole par voie terrestre jusqu’à la Méditerranée. En plein cœur de ce conflit au Proche-Orient aux multiples facettes, il s’agit là des plus importants investissements directs de l’histoire du pays. En Europe, les prix du gaz ont même atteint un nouveau record annuel la semaine dernière. Quant au prix du diesel, il avait déjà dépassé dernièrement de 10 % son précédent record de mai, les capacités de raffinage dans le golfe Persique étant à nouveau hors de portée du marché mondial suite à la reprise des combats. À cela est venue s’ajouter la suspension par la Russie de ses exportations en début de mois à cause des attaques ukrainiennes contre ses raffineries. Cela a propulsé les prévisions d’inflation vers le haut et attisé les craintes d’un resserrement de la politique monétaire. Partout dans le monde, les rendements obligataires à court et à long terme ont augmenté. Les marchés obligataires sont mis sous pression par les prix de l’énergie, mais aussi, plus récemment, par la robustesse affichée par l’économie mondiale. Manifestement, la croissance des entreprises et les investissements records en capital (notamment pour les centres de données) privent les marchés financiers de liquidités. Une nouvelle vague de ventes massives sur les marchés pourrait encourager encore la baisse des cours des obligations. En tous les cas, les rendements obligataires ont atteint, dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, des niveaux élevés qu’une génération entière d’investisseurs n’avait encore jamais connus. Sur le marché boursier suisse, on a pu observer que les poids lourds Roche et Novartis ont joué un rôle de soutien la semaine dernière, alors que Nestlé a été sanctionnée pour ses perspectives de croissance médiocres. Kühne+Nagel a convaincu avec ses derniers résultats trimestriels, tandis que le groupe de génériques Sandoz a réagi négativement suite aux nouveaux droits de douane américains sur les médicaments génériques.
Les modèles d’IA chinois sont bon marché et performants. Il en va de même pour l’industrie chinoise, qui s’oriente sur une stratégie à long terme, alors qu’en Europe, nous étouffons souvent dans l’œuf notre capacité d’innovation par une inflation absurde de réglementation. L’excellence technologique de la Chine s’exprime dans le domaine de la mobilité électrique, les trains à grande vitesse, les panneaux solaires et l’informatique quantique, ainsi que dans la robotique humanoïde et l’univers des produits physiques liés à l’IA. Mais l’industrie automobile européenne est en crise à cause de la Chine. Dans le secteur aérien, un nouveau concurrent d’Airbus et de Boeing est en train d’émerger. En effet, avec le doublement de la flotte mondiale attendu d’ici 2045, la Chine entend conquérir une part importante du marché avec l’entreprise Comac, une perspective plutôt séduisante si l’on considère les besoins en 42’000 nouveaux avions. Il convient également de garder un œil sur des entreprises telles que Geely, BYD, Unitree et Xiaomi, ainsi que Foxconn. Huawei, TikTok, Temu et Shein sont, tout comme Alibaba et Tencent, depuis longtemps devenus des noms familiers – et le « Made in China » un gage de qualité. Bien entendu, l’excédent commercial chinois vis-à-vis de l’Europe (un milliard de dollars par jour) peut s’expliquer par une concurrence déloyale, une monnaie artificiellement sous-évaluée, des surcapacités subventionnées et des restrictions à l’exportation de matières premières. Mais une telle approche ne fait que détourner l’attention d’un exercice lucide d’auto-analyse : la perte de compétitivité de l’Europe s’explique en grande partie par des causes internes. Il existe en effet une autre facette de la Chine. En s’efforçant de maintenir le développement économique et social sous le contrôle du Parti, le pays augmente le travail administratif nécessaire à la surveillance, tout comme la frustration au sein de la population. Plus de 100 millions de personnes sont sans emploi, dont près de 20 % des jeunes, et ce malgré un diplôme de l’enseignement secondaire ou universitaire. Le succès des exportations se paie au prix d’une baisse des salaires (et d’une automatisation accrue). La faiblesse de la consommation est une conséquence de la déflation. Les ventes d’automobiles en Chine se sont également effondrées, seules les exportations ont augmenté : 10 millions de voitures devraient être expédiées en 2026. Cela génère toutefois un nombre croissant de réactions défensives en matière de politique commerciale sur les marchés d’exportation. La confiance de la population envers le marché immobilier est également en baisse. Les investissements ont de nouveau chuté de 18 % au premier semestre 2026. Les prix sont en recul depuis plusieurs années. Près de 65 millions de logements sont vacants. La transformation de la Chine est notable, mais l’inquiétude des personnes à la tête du Parti l’est tout autant, car cette évolution devient de plus en plus déséquilibrée, et la promesse du Parti d’une vie meilleure ne cesse de s’éloigner.
« Zugerberg Finanz Perspektive » – Des informations financières disponibles partout
Ce podcast propose des analyses compactes sur les marchés, l’économie et les placements financiers. Maurice Pedergnana, économiste en chef, et Cyrill von Burg, CIO, expliquent des sujets complexes de manière compréhensible.
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Séance d’information pour particuliers en suisse-allemand – Placer son argent est aussi une question de confiance
Le jeudi 17 septembre 2026 aura lieu chez nous au Lüssihof notre prochaine séance d’information destinée aux particuliers. Cette séance s’adresse principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation, sans aucun engagement.
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Foire de Zoug 2026
Cette année, nous serons à nouveau présents à la foire de Zoug. La plus importante exposition d’automne de Suisse centrale pour le commerce et l’industrie aura lieu du samedi 24 octobre au dimanche 1er novembre 2026 sur le site du Stierenmarkt à Zoug.
Nous nous réjouissons de vous rencontrer à nouveau à la foire d’automne de Zoug pour bavarder et partager un verre de vin. Vous trouverez bientôt de plus amples informations sur notre site Internet.