Le mois d’octobre qui vient de s’achever a été marqué par une rotation importante au sein du marché des actions : les paris sur l’IA ont été revus à la baisse et remplacés par des valeurs défensives et qualitatives. Le marché boursier suisse en a particulièrement bénéficié. Le Swiss Market Index (SMI) a progressé en octobre pour atteindre 14’810 points, un nouveau record historique. D’un point de vue historique, le rendement d’octobre (+7.1 %) est même supérieur au rendement annuel moyen du SMI. Les poids lourds pharmaceutiques Roche (+16 % en octobre) et Novartis (+12 %), ainsi que le groupe agroalimentaire Nestlé (+11 %), ont posé les bases d’une ambiance automnale sereine sur la Bourse suisse. Même les entreprises qui, comme Partners Group (+6 %) et Amrize (+8 %), traversent actuellement une période difficile sur les marchés, ont connu une nette progression. Quant au secteur de l’assurance, qui était encore sous le feu des critiques en septembre, il a fait son retour avec des performances impressionnantes, à l’instar de Zurich Insurance (+10 %) et de Swiss Re (+11 %). À l’inverse, les récentes valorisations des modèles économiques liés à l’IA ont été emportées dans une violente tempête et ont dû essuyer de lourds revers. La publication des résultats trimestriels a fait de nombreux déçus. Alors que, jusqu’à récemment, la plupart des chiffres d’affaires atteignaient des taux impressionnants, les dernières prévisions ont plutôt marqué un recul. A plusieurs reprises, on a pu constater des écarts significatifs par rapport aux prévisions de bénéfice par action. La hausse en flèche des dépenses d’investissement a entraîné dans de nombreux cas des cashflow négatifs. Dans un contexte de dynamique d’endettement hors bilan de nombreux fournisseurs de services « néo-cloud » et d’importants hyperscalers, les primes de risque de crédit ont atteint des nouveaux records. Les reculs de capitalisation boursière, qui pourraient bien battre tous les records, d’Alphabet, d’Amazon, de Meta et de Nvidia sont imputables au fait qu’ils continuent tous à investir des centaines de milliards de dollars dans l’IA. Néanmoins, à un moment ou à un autre, leurs comptes devront s’équilibrer. Le rapport entre les dépenses et les bénéfices est déséquilibré, et les entreprises ont recours à des astuces comptables pour embellir la réalité. Sous l’angle économique, seuls les bénéfices générés par les commandes émanant d’entreprises non technologiques et de consommateurs sont considérés comme de « véritables bénéfices ». Il est de notoriété publique que les managers de Hedge Funds font preuve d’impatience et deviennent de plus en plus critiques à l’égard de ces mécanismes circulaires. Dernièrement, les actions des entreprises de semi-conducteurs telles que SK Hynix (-52 % par rapport à leur plus haut niveau récent), Samsung Electronics (-38 %), Intel (-53 %) et Micron (-27 %) ont connu des baisses significatives. Avant cette dégringolade, elles avaient pourtant été les grandes gagnantes de l’inflation liée au stockage ces derniers trimestres. L’indice des marchés émergents en a également souffert, les trois titres SK Hynix, Samsung Electronics et TSMC y représentant plus de 30 %. La plupart des marchés asiatiques – du Nikkei japonais (-5.2 %) au Taiex taïwanais (-5.7 %) en passant par le Kospi sud-coréen (-16.2 %) – ont affiché des baisses importantes en octobre. De nombreux marchés boursiers chinois ont enregistré des baisses à deux chiffres. En revanche, dans le sillage de cette rotation vers des secteurs plutôt défensifs, le Sensex indien (+2.7 %) a été le seul marché asiatique à progresser.
Vendredi dernier, Apple (+3 % en octobre) a détrôné Nvidia (-10 %) en tant qu’entreprise la plus valorisée au monde. Pour les modèles économiques liés à l’IA, il ne s’agit que d’un épisode parmi d’autres dans un marché baissier. Désormais, plus de 60 % des titres cotés au S&P 500 affichent une baisse de 20 % ou plus par rapport à leurs niveaux records historiques, ce qui signifie qu’ils se trouvent sur ce qu’on appelle un marché baissier. Cinq des actions des « Magnificent 7 » se situent nettement en-dessous des sommets atteints il y a quelques semaines : Alphabet (-31 %), Meta (-21 %), Tesla (-18 %), Amazon et Nvidia (-15 % chacune). Au total, elles ont perdu plus de 4’000’000’000’000 de dollars de capitalisation boursière depuis leur apogée respective. Pour Halloween, les marchés effrayants et terrifiants, nous ont réservé des moments de frissons. Alors que récemment, tout le monde n’avait d’yeux que pour la hausse vertigineuse des cours boursiers, on assiste désormais à un renversement des perspectives. Quotidiennement, nous sommes confrontés à des risques fondamentaux : hausse importante des coûts de crédit, modèles concurrentiels plus rentables, baisse des prix des tokens, raréfaction de l’énergie pour les centres de données, opposition politique aux lignes électriques, hausse des taux d’amortissement des puces les plus avancées, financements circulaires opaques, le tout dans un monde caractérisé par la rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, dans lequel la démondialisation et la fragmentation figurent parmi les nouvelles valeurs de référence. En vérité, nous sommes de plus en plus exposés au risque que la technologie tombe entre les mains d’acteurs malveillants. Tolérerions-nous ces risques pour d’autres produits ? L’« accident Covid » survenu dans un laboratoire de virologie à Wuhan, en Chine, constituait peut-être un avertissement. Imaginez à présent qu’une entreprise pharmaceutique décide de commercialiser un principe actif susceptible de faire courir un grave danger à la population du monde civilisé. Ou qu’une IA chinoise soit prise en flagrant délit d’intrusion dans des processus d’entreprise, des systèmes de paiement et des bases de données administratives, comme nous l’avons vu avec ChatGPT et Claude ? La semaine dernière encore, la plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde a semble-t-il été victime d’une cyberattaque massive. Des cryptomonnaies d’une valeur de plus de 6 milliards de dollars ont manifestement été dérobées des portefeuilles Binance en l’espace d’environ 20 minutes. Un groupe de hackers d’élite nord-coréens se cacherait derrière ce vol de plusieurs milliards.
« Zugerberg Finanz Perspektive » – Des informations financières disponibles partout
Ce podcast propose des analyses compactes sur les marchés, l’économie et les placements financiers. Maurice Pedergnana, économiste en chef, et Cyrill von Burg, CIO, expliquent des sujets complexes de manière compréhensible.
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Séance d’information pour particuliers en suisse-allemand – Placer son argent est aussi une question de confiance
Le jeudi 12 novembre 2026, à 18h00, aura lieu chez nous au Lüssihof notre prochaine séance d’information destinée aux particuliers. Cette séance s’adresse principalement aux personnes qui souhaitent faire plus ample connaissance avec notre organisation, sans aucun engagement.
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Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – janvier 2027
Le prochain Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz aura lieu le mercredi 13 janvier 2027 au Theater Casino de Zoug et le mardi 19 janvier 2027 au KKL de Lucerne. Le programme sera mené par le fondateur et CEO Timo Dainese. Le Prof. Dr. Maurice Pedergnana, notre économiste en chef, expliquera les perspectives pour l’économie et les marchés des capitaux.