Rapport hebdomadaire 23/2026

Publications

Incertitudes géopolitiques

L’événement le plus marquant de cette semaine est l’accord-cadre provisoire conclu entre les États-Unis et l’Iran sur une prolongation de 60 jours du cessez-le-feu, lequel prévoit des dispositions relatives au déminage progressif et à la réouverture du détroit d’Ormuz, si crucial pour l’économie mondiale. Cependant, l’accord reste inachevé en raison de divergences importantes concernant la souveraineté nucléaire et la planification des opérations de déminage en Iran. En conséquence, les marchés ont continué à osciller quotidiennement entre euphorie et panique.

Le prix du Brent sur le marché au comptant a reculé à 91 dollars le baril, et même à 81 dollars sur le marché à terme de fin d’année. Il y a un mois, le prix au comptant s’établissait encore à 118 dollars. De ce fait, le rendement des obligations d’État américaines à dix ans a reculé pour s’établir à 4.4 %, après avoir atteint 4.7 % le 20 mai, son plus haut niveau en 16 mois.

Quoi qu’il en soit, Kevin Warsh, le président nouvellement nommé de la Réserve fédérale américaine, prend ses fonctions alors que le taux d’inflation est environ deux fois plus élevé que l’objectif visé de 2 %. Il prend la tête d’un comité profondément divisé, la probabilité implicite du marché ne laissant entrevoir pratiquement aucune hausse des taux d’intérêt d’ici décembre 2026, et pratiquement aucune baisse non plus. Donald Trump attend toutefois de lui qu’il impose au comité des baisses de taux d’intérêt dans les plus brefs délais.

La BCE, qui maintient son taux sur les dépôts à 2.0 % est confrontée à un dilemme, car elle doit opter entre relancer la croissance et lutter contre l’inflation, un choix compliqué par le choc énergétique lié à la crise iranienne. On s’attend à ce qu’elle procède le 11 juin à un resserrement de sa politique monétaire afin de réagir à la hausse des prévisions d’inflation pour la zone euro, qui devraient atteindre 2.6 % pour l’année en cours. Dans le même temps, cela devrait faire reculer la croissance réelle à 0.9 %, car elle prévoit dès à présent la persistance de deux conflits non résolus (Ukraine, détroit d’Ormuz). En Europe, ce sont les pays hors de la zone euro, comme la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, etc., qui, de plus en plus, enregistrent la plus forte croissance.

Dans la zone euro, le climat des affaires s’améliore progressivement. Il a été marqué par un sentiment d’optimisme entre novembre 2025 et février 2026. La guerre qui se poursuit en Iran et le choc des prix de l’énergie qui en a résulté ont fait chuter l’indice à 93.2 points. Aujourd’hui, il a certes légèrement augmenté, mais il reste toutefois nettement inférieur à sa moyenne à long terme de 100. Dernièrement, les anticipations d’inflation se sont révélées moins élevées qu’en avril. Cela renforce la confiance des consommateurs, tout comme celle des dirigeants interrogés dans le secteur des services.

En Suisse, le Swiss Market Index a clôturé le mois de mai à 13’542 points (+0.7 % par rapport à la semaine précédente et +3.1 % par rapport au début du mois). Les actions suisses accusent un retard par rapport à la tendance mondiale, car le marché local montre peu d’enthousiasme pour l’IA.

Sujet de la semaine : SpaceX marque le début d’une nouvelle vague d'introductions en bourse

Ce qui se profile actuellement revêt une dimension historique sans précédent. L’économie de l’IA s’est, jusqu’à présent, développée en grande partie derrière des portes closes. Pendant des années, les plus grandes entreprises du secteur de l’IA n’étaient accessibles qu’aux fonds de capital-risque, aux investisseurs stratégiques et aux grands partenaires commerciaux. Cela pourrait changer avec la vague d’introductions en bourse qui se profile.
Trois géants du secteur de l’IA – Anthropic, OpenAI et SpaceX – envisagent une introduction en bourse ; SpaceX a d’ailleurs déjà déposé les documents correspondants, lesquels font état de pertes se chiffrant en milliards, ainsi qu’un projet d’actions à droits de vote multiples, qui permettrait à Elon Musk de conserver le contrôle de l’entreprise. Parmi les objectifs de l’entreprise figurent la création d’une colonie humaine sur Mars comptant au moins un million d’habitants, ainsi que la mise en place de centres de données dans l’espace – un volet visionnaire d’un marché global évalué à 28’500 milliards de dollars.
Dans un premier temps, cette introduction en bourse devrait rapporter jusqu’à 75 milliards de dollars, et Musk devrait en tirer un bénéfice considérable, notamment grâce à l’obtention potentielle d’un milliard d’actions s’il atteint certains objectifs. Tout semble gigantesque dans cette introduction en bourse, la plus importante de tous les temps. Le géant des fusées, des satellites et de l’IA donne à Elon Musk, 54 ans, le pouvoir de passer outre l’avis de n’importe qui d’autre. Quiconque croit au rêve de Musk doit être convaincu que SpaceX est capable de conquérir une part importante du potentiel de marché perçu – et accepter de ne pas pouvoir révoquer Musk si les choses tournent mal.
Son entreprise, Tesla, était autrefois pionnière dans le domaine de la mobilité électrique, mais elle a dû céder sa position de leader du marché à des concurrents chinois. L’entreprise reste valorisée à 1’600 milliards de dollars, réalise un chiffre d’affaires d’environ 100 milliards et un bénéfice de 7 milliards. Cette valeur serait justifiée par le robot humanoïde Optimus, mais là encore, les Chinois sont d’ores et déjà à nouveau leaders sur le marché.
Pour les investisseurs actifs, la question se pose de savoir si l’ensemble des ambitions de Musk pour SpaceX justifie une valorisation pouvant atteindre 1 750 milliards de dollars, alors que les données financières de l’entreprise semblent dérisoires en comparaison. Au premier trimestre 2026, SpaceX a enregistré une perte nette de 4.3 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 4.7 milliards. Les investisseurs passifs n’ont pas à se soucier de cela. Dès son introduction en bourse, SpaceX figurera parmi les 15 entreprises cotées les plus valorisées au monde et sera donc automatiquement intégrée dans tous les ETF pertinents.

Les rendez-vous importants de la semaine à venir

1er juin 2026 Zone euro/États-Unis : indices des directeurs d'achat dans le secteur manufacturier, mai
2 juin 2026 Zone euro : inflation sous-jacente (IPCH) et inflation, mai
3 juin 2026 Zone euro/États-Unis : indices des directeurs d'achat dans le secteur des services, mai
5 juin 2026 États-Unis : données relatives aux marché du travail et évolution des salaires, mai

Événements

Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – juin 2026

Le prochain Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz aura lieu le mardi 16 juin 2026 au Theater Casino de Zoug et le jeudi 18 juin 2026 au KKL de Lucerne.
Le programme sera mené par le fondateur et CEO Timo Dainese. Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef, et Cyrill von Burg, CIO, expliqueront les perspectives pour l’économie et les marchés des capitaux à l’occasion d’une table ronde. Nous avons le plaisir d’accueillir comme conférencier invité M. Helmut Stalder, docteur en lettres, historien réputé, journaliste et auteur de nombreux ouvrages historiques et biographies.

Vers l’inscription (en suisse allemand)


Séance d’information destinée aux particuliers – Conférence en anglais – Business, Economic and Stock Market Outlook (Perspectives économiques, commerciales et boursières)

Notre prochaine séance d’information en anglais destinée aux particuliers aura lieu le jeudi 25 juin 2026 à 18h. Cet événement s’adresse aux personnes anglophones qui souhaitent, sans engagement, se faire une idée de notre entreprise.

Vers l’inscription (en anglais)


Zugerberg Finanz KidsDay – Rétrospective

Le mercredi 27 mai, le Zugerberg Finanz KidsDay s’est déroulé au complexe sportif Lättich à Baar. Plus de 110 enfants passionnés de football, âgés de 6 à 12 ans, se sont retrouvés sur le terrain, pleins d’enthousiasme, et ce malgré les températures estivales.

Vers la rétrospective (en allemand)

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2025
SMI 13'542.7 +2.1%
SPI 19'157.8 +5.2%
DAX € 25'104.7 +2.5%
Euro Stoxx 50 € 6'050.5 +4.5%
S&P 500 $ 7'580.1 +10.7%
Dow Jones $ 51'032.5 +6.2%
Nasdaq Composite $ 26'972.6 +16.1%
MSCI EM $ 1'752.2 +24.8%
MSCI World $ 4'864.6 +9.8%
Marchés obligataires depuis 31/12/2025
SBI Dom Gov TR 220.1 –1.3%
SBI Dom Non-Gov TR 121.9 +0.3%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2025
SXI RE Funds 603.2 +0.3%
SXI RE Shares 4'827.7 +6.8%
Matières premières depuis 31/12/2025
Pétrole ($/Bbl.) 87.4 +52.1%
Or (CHF/kg) 114'002.1 +3.6%
Bitcoin (USD) 73'582.0 –16.0%
Cours de change depuis 31/12/2025
EUR/CHF 0.9105 –2.2%
USD/CHF 0.7810 –1.5%
EUR/USD 1.1659 –0.7%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF -0.06% -0.1%–0.0% -0.1%–0.0%
EUR 2.27% 1.9%–2.1% 1.7%–1.9%
USD 3.67% 3.4%–3.6% 3.0%–3.3%
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF 0.41% 0.2%–0.5% 0.4%–0.7%
EUR 2.92% 2.8%–3.0% 2.5%–2.8%
USD 4.44% 4.1%–4.4% 3.7%–4.0%
Renchérissement
2025 2026P 2027P
Suisse 0.1% 0.3% 0.5%
Zone euro 2.2% 1.8% 1.8%
Etats-Unis 3.0% 2.5% 2.0%
Economie (PIB real)
2025 2026P 2027P
Suisse 1.2% 1.3% 1.5%
Zone euro 1.4% 1.4% 1.7%
Etats-Unis 2.3% 2.2% 2.0%
Global 3.0% 3.0% 3.0%
Revenir aux actualités