Rapport hebdomadaire 24/2026

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Un démarrage hésitant pour le mois de juin

Les chiffres de l’emploi américain pour le mois de mai, publiés vendredi, qui font état d’une croissance de 172’000 emplois – soit plus du double des 85’000 prévus par le consensus – ont représenté la plus forte hausse de l’emploi en trois mois depuis plus de deux ans. Cela a fait grimper les rendements des obligations d’État américaines à dix ans à 4.5 %. Il y a trois mois, ils étaient encore à 4.1 %, dans un contexte d’attente d’une baisse des rendements. Pourtant cette confiance a été balayée par la constatation lucide voulant que le reste de l’année sera probablement marqué par des rendements plus élevés (pour les obligations à deux ans, il s’agit même de 60 points de base de plus qu’il y a trois mois). Cela a entraîné une chute parallèle des cours des obligations et des actions. Malgré la nomination par Donald Trump du nouveau président de la Réserve fédérale (Fed), la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt par la Fed d’ici la fin de l’année s’est nettement accrue.
La situation du conflit entre les États-Unis et l’Iran reste marquée par une tension extrême. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’aucun progrès notable n’avait été réalisé dans les négociations sur le nucléaire, et le Hezbollah a rejeté au Liban le cessez-le-feu négocié par les États-Unis, maintenant ainsi le prix du Brent dans une fourchette comprise entre 93 et 95 dollars le baril.
Lors de sa dernière réunion fin d’avril 2026, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés. Il reste difficile d’évaluer les conséquences à moyen terme de la guerre en Iran, même si le taux d’inflation dans la zone euro a désormais atteint 3.2 %, soit un niveau nettement supérieur à l’objectif de 2.0 %. Le Conseil des gouverneurs de la BCE est conscient des risques croissants pour la stabilité des prix et fait preuve d’une grande vigilance, raison pour laquelle nous pensons qu’il prendra les mesures nécessaires afin d’éviter que la hausse des prix liée à l’énergie ne se propage et ne se consolide. La perspective d’une première hausse des taux d’intérêt dans ce cycle a fait grimper l’euro à 0.92.
Le dollar s’est également nettement apprécié la semaine dernière, atteignant concrètement un peu moins de 0.80. Cela est d’autant plus pertinent que les pertes enregistrées sur le Nasdaq, la bourse des technologies, semblent ainsi moins importantes. Cette baisse importante (-4.7 % en une semaine, après une hausse sans précédent) s’est traduite par une évolution relativement modérée en francs (-2.8 %). Afin de générer des liquidités en vue des prochaines entrées en bourse dans le secteur technologique, d’autres placements à risque ont manifestement été cédés. Le cours du bitcoin (-18 %) a constitué l’un de ces signaux, tout comme ceux d’Amazon (-9 %) et de Microsoft (-8 %).
Pour Partners Group, la semaine a été mouvementée (-14 %), car une limitation des rachats sur l’un de ses fonds les plus importants, « Evergreen », a été rendue publique. Après avoir reçu des demandes de rachat représentant 9.8 % du capital, les investisseurs ont été informés de la limite maximale de rachat de 5 %, usuelle dans le secteur ; les 4.8 % restants seront remboursés dans un trimestre. Cette pratique est également courante sur d’autres marchés relativement illiquides (fonds immobiliers). De telles règles visent à permettre des investissements réels à moyen et long terme. Quant à Kühne+Nagel, il a atteint en revanche un nouveau sommet annuel (rendement total de +16 % depuis le début de l’année).

Sujet de la semaine : L’IA continue à dominer les marchés

Aujourd’hui, je vous propose un petit exercice de réflexion : imaginons qu’au début de l’année 2026, un prophète omniscient nous aurait décrit à quoi ressemblerait le monde cinq mois plus tard. Les États-Unis ne seraient plus un partenaire fiable pour l’Europe, et le nouveau président américain, candidat au prix Nobel de la paix, déclencherait une nouvelle guerre sans y être spécialement contraint, perdant ainsi tout le soutien de la part de son propre pays. Le prix du pétrole passerait de 60 à 120 dollars, et toutes les économies devraient faire face à une nouvelle vague d’inflation. Au lieu de baisses des taux directeurs, les banques centrales procéderaient à des hausses. En Ukraine, l’armée de Poutine essuierait des pertes de plus en plus importantes. La Chine mènerait une offensive d’exportation fondée sur l’économie de marché afin de ruiner l’industrie européenne et de consolider son avance technologique. Les modèles d’IA hyperintelligents tels que Claude Mythos ne pourraient plus être confiés qu’à certaines entreprises spécifiques, dans des conditions de sécurité maximale.
La deuxième partie de l’exercice porte sur la question de savoir où en seraient les marchés boursiers si tout cela devenait réalité. Je pense que la plupart auraient parié sur un effondrement des marchés. Pourtant, tel n’est pas le cas. Bien que le Swiss Market Index (SMI) n’affiche qu’une hausse de +0.9 % et le Nasdaq américain, axé sur les technologies, +10.6 %, les véritables gagnants de ces derniers mois ont été l’indice taïwanais, avec son fleuron TSMC (+55.6 %), et l’indice sud-coréen, avec ses valeurs phares Samsung Electronics et SK Hynix (+93.7 %). Les fabriques de puces électroniques de la planète sont implantées sur une île menacée par la Chine (considérée par cette dernière comme une province rebelle) et sur une péninsule menacée par la Corée du Nord.
Les trois entreprises spécialisées dans la production de semi-conducteurs ne dominent pas seulement les indices boursiers de leur pays, et par conséquent l’indice MSCI Emerging Markets. Leur envolée boursière est également imitée par des entreprises américaines telles qu’Intel et Micron Technology. L’évolution de leur cours ces derniers jours ne doit pas faire oublier que le thème de l’IA domine les marchés boursiers.
Ceux qui ont investi dans des valeurs « ennuyeuses » mais génératrices de rendements sur le long terme, telles que les titres d’assurance, les actions immobilières ou les véhicules d’investissement comme Berkshire Hathaway, ont dû encaisser une performance négative depuis le début de l’année. Toutefois, le secteur de la tech n’est pas le seul à avoir bien performé jusqu’à présent : les fournisseurs d’énergie ont également progressé, car l’utilisation de ces technologies nécessite beaucoup d’énergie et d’infrastructures énergétiques. De plus, les entreprises de télécom prennent également de la vitesse, car la croissance liée aux appareils connectés à l’IA ouvre justement de nouvelles opportunités pour le secteur dans un avenir proche.

Les rendez-vous importants de la semaine à venir

9 juin 2026 Zone euro : Indice de confiance des consommateurs Sentix, juin
10 juin 2026 Chine : Balance commerciale, mai
11 juin 2026 Zone euro : Décision sur les taux, réunion de juin de la Banque centrale européenne
12 juin 2026 États-Unis : Indice du sentiment des consommateurs, University of Michigan, juin

Événements

Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz – juin 2026

Le prochain Conseil consultatif en matière économique et financière de Zugerberg Finanz aura lieu le mardi 16 juin 2026 au Theater Casino de Zoug et le jeudi 18 juin 2026 au KKL de Lucerne.
Le programme sera mené par le fondateur et CEO Timo Dainese. Prof. Dr. Maurice Pedergnana, économiste en chef, et Cyrill von Burg, CIO, expliqueront les perspectives pour l’économie et les marchés des capitaux à l’occasion d’une table ronde. Nous avons le plaisir d’accueillir comme conférencier invité M. Helmut Stalder, docteur en lettres, historien réputé, journaliste et auteur de nombreux ouvrages historiques et biographies.

Vers l’inscription (en suisse allemand)


Séance d’information destinée aux particuliers – Conférence en anglais – Business, Economic and Stock Market Outlook (Perspectives économiques, commerciales et boursières)

Notre prochaine séance d’information en anglais destinée aux particuliers aura lieu le jeudi 25 juin 2026 à 18h. Cet événement s’adresse aux personnes anglophones qui souhaitent, sans engagement, se faire une idée de notre entreprise.

Vers l’inscription (en anglais)


Zugerberg Finanz Classic 2026 – Compte-rendu

Mercredi dernier, après une courte averse, la montagne du Zugerberg s’est montrée sous son meilleur jour. Inondée par un soleil radieux, elle a représenté le cadre idéal pour le 30e Zugerberg Finanz Classic Run.

Vers le compte-rendu (en allemand)

Données du marché

Marchés d'actions depuis 31/12/2025
SMI 13'388.2 +0.9%
SPI 18'926.4 +3.9%
DAX € 24'759.1 +1.1%
Euro Stoxx 50 € 6'062.1 +4.7%
S&P 500 $ 7'383.7 +7.9%
Dow Jones $ 50'866.8 +5.8%
Nasdaq Composite $ 25'709.4 +10.6%
MSCI EM $ 1'717.3 +22.3%
MSCI World $ 4'755.8 +7.3%
Marchés obligataires depuis 31/12/2025
SBI Dom Gov TR 219.7 –1.5%
SBI Dom Non-Gov TR 121.6 +0.1%
Marchés immobiliers depuis 31/12/2025
SXI RE Funds 582.4 –3.1%
SXI RE Shares 4'662.3 +3.1%
Matières premières depuis 31/12/2025
Pétrole ($/Bbl.) 90.5 +57.7%
Or (CHF/kg) 110'785.0 +0.7%
Bitcoin (USD) 61'625.1 –29.7%
Cours de change depuis 31/12/2025
EUR/CHF 0.9172 –1.5%
USD/CHF 0.7961 +0.4%
EUR/USD 1.1522 –1.9%
Taux d'intérêt à court terme
3M Prév. 3M Prév. 12M
CHF -0.04% -0.1%–0.0% -0.1%–0.0%
EUR 2.31% 1.9%–2.1% 1.7%–1.9%
USD 3.65% 3.4%–3.6% 3.0%–3.3%
Taux d'intérêt à long terme
10 ans Prév. 3M Prév. 12M
CHF 0.44% 0.2%–0.5% 0.4%–0.7%
EUR 3.02% 2.8%–3.0% 2.5%–2.8%
USD 4.53% 4.1%–4.4% 3.7%–4.0%
Renchérissement
2025 2026P 2027P
Suisse 0.1% 0.3% 0.5%
Zone euro 2.2% 1.8% 1.8%
Etats-Unis 3.0% 2.5% 2.0%
Economie (PIB real)
2025 2026P 2027P
Suisse 1.2% 1.3% 1.5%
Zone euro 1.4% 1.4% 1.7%
Etats-Unis 2.3% 2.2% 2.0%
Global 3.0% 3.0% 3.0%
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